Les auteurs ou romans
:
Un auteur d'abord . Russel Banks Biographie de Russell Banks
Russell Banks a
passé son enfance dans le New Hampshire, comme il le dit lui-même, 'dans un petit bled où personne ne passe jamais et que la neige recouvre la moitié de l'année'. Il grandit dans
un milieu
extrêmement modeste, rongé par l'alcoolisme et la pauvreté, et se plaît à rêver lorsqu'il entame ses études à l'université
Colgate. Mais, en 1958, la lecture de 'Sur la
route' de Jack
Kerouac le bouleverse et, quittant les bancs de
l'école, il
est par monts et par vaux pendant un temps. Il vit dans les années 1960 d'expédients et de petits boulots avant de retrouver les chemins de l'université du New
Hampshire où il devient professeur. Il part en
Jamaïque
en 1975 et publie quelques années plus tard son premier succès
commercial intitulé 'Continents à la
dérive'. Il a écrit depuis plusieurs ouvrages qui fustigent
le système
économique actuel et est devenu président du Parlement national
des Écrivains crée par Salman Rushdie. Il enseigne actuellement la littérature contemporaine à Princeton.
Ses romans : le dernier , la réserve et un autre cité car il plait beaucoup
à E.: le pourfendeur de nuages
A la demande d’une étudiante, Owen Brown, fils du célèbre abolitionniste américain John Brown, plonge dans ses souvenirs, parfois sereins mais le plus souvent violents et tumultueux, pour
évoquer ce que furent la vie, le caractère et l’engagement de son père. Loin d’une vision héroïque et purement historique, le tardif récit filial approche un autre John Brown : le père de famille
nombreuse à la personnalité écrasante, le puritain confit en religion, le capitaine d’une sanglante guérilla dont il sera le martyr. Mêlant l’histoire et la fiction, Pourfendeur de nuages n’est
pas seulement un immense roman sur le racisme et les rapports entre idéalisme et fanatisme. C’est aussi une lente plongée dans une période particulièrement agitée de l’histoire américaine – celle
qui précède la guerre de Sécession – et un inoubliable tableau de la vie quotidienne des pionniers au sein d’une nature rude et sauvage.
Deux romans coup de coeur :
Le dernier frère de Natacha Appanah
Natacha Appanah est une écrivaine mauricienne et ce roman se déroule sur cette ile . Roman du remords et du choix fait pour le bien d'un autre mais qui tourne au
drame et qui le tue . Les thèmes sont forts et l'ambiance est lourde , aussi dense que la végétation de cette ile où les fuyards tentent de trouver refuge aprés l'ERREUR . L'écriture nous plonge
au coeur de cette densité et nous tient en haleine comme la fuite de ces deux jeunes . L'un des deux porte le poids de ce remords toute sa vie , jusqu'au jour où il demande à son fils de
l'emmener sur la tombe de son ami et qu'il réalise l'ampleur de son mauvais choix ...là où il avait mis toute sa conviction et son courage . .. Comme cela a èté précisé par une autre
lectrice qui a bien aimé ce roman , il nous apprend aussi une réalité historique , à savoir que l'ile Maurice a hébergé un camp de prisonniers juifs pendant la 2è guerre mondiale .
les belles choses que porte le ciel
Le titre est beau comme le roman The Los Angeles Times dit de lui :"L'une des nouvelles voix de la littérature contemporaine nées de
la mondialisation et des mouvements de population , le plus souvent forcées qu'elle suscite . Bouleversant !"La voix est celle de cet auteur éthiopien Dinaw
Mengestu qui raconte la vie de ce "je", né en Ethiopie , ayant subi l'horreur de la guerre dans son pays et émigré à Washington . Etudiant d'abord et vivant chez son oncle qui écrit
régulièrement tout ce qui ne va pas aux ministres et présidents américains , tout cela avec respect , et à qui l'Amérique permet , en travaillant durement d'amasser un peu d'argent , il va le
quitter quand il aura réussi à gagner sa vie grace à une petite épicerie dans un quartier populaire . Elle est à son image , un reve de supermarché au départ et petit à petit , la petite épicerie
de quartier un peu délabrée , mais si attachante par son ambiance qui n'a rien à voir avec la "grande consommation" . En face de sa boutique , est venue s'installer Judith et sa fille Naomi
, elle blanche ,et la petite , métisse . D'une grande maison , très chère sans doute dans un autre quartier , elle arrive à en faire une belle demeure . Une relation profonde va s'installer entre
les trois , lui bien sur un peu amoureux , mais tellement habitué à ce que le bonheur , c'est pour les autres qu'il se contentera de vivre au plus fort ce qui lui est donné . Ce n'est pas un
personnage qui subit , mais qui laisse venir et quand il peut voir "les belles choses que porte le ciel " , il les saisit avec tendresse . Naomi trouve en lui un véritable ami et tous les deux
vont connaitre une vraie complicité , notamment pendant des heures de lecture quand il lui lit "les frères Karamazov" ...Le lecteur et l'enfant vivent un vrai bonheur . Il retrouve souvent aussi
ses deux potes africains et la nostalgie de leur pays perdu . Tout va petit à petit se détériorer : le quartier où ont lieu beaucoup d'expulsions , le rapport entre les gens , Judith , comme
blanche et ennemie va voir sa maison incendiée et Naomi partira pour un collège dans le Connecticut ...Il porte en lui déjà tant de déchirures qu'il tient bon et c'est vrai que la quete de ce
personnage est bouleversante .
Le titre est tiré d'un vers de l'Enfer de Dante : "par un pertuis rond je vis apparaitre
les belles choses que porte le ciel.
Nous avançames , et une fois encore , vimes les étoiles .Lorsqu'il est ivre , il aime à dire que ce sont là les vers les plus parfaits jamais écrits ."Réfléchissez un peu , dit-il alors , Dante
sort enfin de l'enfer et voilà ce qu'il voit , les belles choses que porte le ciel " C'est parfait , je vous le dis . Tout simplement parfait .
J'ai dit à mon professeur que personne ne peut mieux comprendre ce vers qu'un Africain parce que c'est ce que nous avons vécu . L'enfer quotidien , avec seulement quelques aperçus du ciel par
moments ."
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